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"Les progrès du big data couplés au Web sémantique permettent d’obtenir des résultats précis avant même d’avoir penser à lancer des requêtes."
Au moment de lancer ma requête, comme cela m’arrive plusieurs fois par jour, je cherche dans ma tête la bonne phrase. C’est elle que je projette vers mon écran qui presque aussitôt affiche une sélection de réponses précises et organisées, rapportées des quatre coins du Web, mais également du fond de ma mémoire et de mes souvenirs enfouis. Bon, je suis d’accord, j’en rajoute un peu… Le nouveau moteur Brain Search, dont tout le monde parle, n’est encore disponible qu’en version Bêta, mais ses premiers pas sont vraiment aussi prometteurs… qu’inquiétants.
Pas de répit dans cette course effrénée lancée très peu de temps après la naissance de l’Internet : à la suite du tout premier moteur de recherche, Archie, créé par des étudiants à la McGill University de Montréal, s’est ouverte une décennie d’incessantes innovations. Sont par exemple apparus : Aliweb et Excite dès 1993, suivis par dmoz, Webcrawler, Lycos, Infoseek et Yahoo! Directory en 1994. Alors qu’Altavista – cocréé en 1995 par le Français Louis Monier – nous donnait nos premières leçons de recherche appliquée, deux étudiants se rencontraient à Stanford pour créer trois ans plus tard une société qui allait mettre tout le monde d’accord. Google, non content de son leadership quasi-planétaire, trouva la recette d’un modèle économique original en devenant l’un des plus grands gestionnaires d’espaces publicitaires. Sa puissance lui fournit en retour les ressources nécessaires pour nourrir cet ogre insatiable qu’est le Net, à travers des initiatives visant – sans modestie – à « organiser l’information du monde » ! De la Terre avec ses villes et ses rues, à la Lune et à la planète Mars, en passant par les bibliothèques du monde et leurs livres, les musées et leurs oeuvres, les musiques et les vidéos,… Tout cela est accessible dans un très grand nombre de langues, selon un cercle vertueux qui permet à l’outil d’être toujours plus performant.
Mais les places sont rares pour des challengers qui tentent d’exister à l’ombre du géant de Menlo Park. Certains pays, à l’instar de la Chine, de la Corée du Sud ou de la Russie, se distinguent encore par des moteurs leaders à domicile : Yandex, Seznam, Naver ou Baidu. Ils résistent encore à Google, Yahoo! ou Microsoft. La recherche reste en tout cas l’une des activités préférées des internautes, comme en 2010 où elle arrivait en tête des applications, tant sur l’Internet fixe que sur mobile. C’est pourquoi toujours autant de start-up se lancent, souvent en se concentrant sur des poches de connaissances spécialisées encore à l’écart des visées universelles des géants. La recherche verticale a ainsi été à l’origine d’une nouvelle vague d’innovations, par format (images, vidéos, podcasts, données, …), par type (livres, blogs, favoris, …) ou bien par thème (finance, marque, comparaison de prix, voyage, …). Certains ont eu l’idée d’applications originales, comme Waybackmachine qui retrouve pour vous les archives des pages web du passé.
D’autres, comme Simplexo, proposent de simplifier la recherche de nos propres informations sur tous nos terminaux : ordinateurs, mobiles ou tablettes. La décennie qui vient de s’écouler a aussi été très animée par l’apparition de nouvelles techniques algorithmiques, rendant les recherches plus fluides et plus efficaces. Les suggestions permettent d’afficher des résultats avant même que le mot-clé ne soit écrit ! Les recherches des autres internautes ou de leurs recommandations augmentent la pertinence de certains résultats. Il est également possible de choisir le format des résultats en fonction de l’utilisation que nous en feront : une liste, un rapport ou une présentation. Les progrès du big data couplés au Web sémantique permettront d’obtenir des résultats précis avant même d’avoir penser à lancer des requêtes !
Mais malgré tous ces progrès, les nouveaux chevaliers du Search s’investissent plus que jamais dans la quête de leur Graal : l’outil qui réalisera la synthèse entre toutes les sources, tous les contenus et tous les terminaux, avec comme terrain de jeu un Web dont la taille n’en finit pas d’augmenter sous la pression des milliards d’utilisateurs de l’Internet devenu mobile.@
Jean-Dominique Séval
"Des sites de e-commerce rendent accessibles des pratiques autrefois réservées aux seuls initiés : ventes privées, cashback, achats groupés…"
Acheter, vendre, échanger, troquer, remiser, comparer, marchander, enchérir… à l’heure du e-commerce triomphant, toutes les formes d’échanges ont été, à un moment ou à un autre, touchées et transformées, allant jusqu’à lentement éroder et rendre obsolète le modèle longtemps dominant de l’hypermarché. Les structures du commerce n’évoluent que lentement, et sur plusieurs générations. La forte croissance du chiffre d’affaires de la vente en ligne, de plus de 20 % par an autour de 2010, ne doit pas occulter le fait qu’elle ne représentait alors que moins de 5 % du total du commerce de détail.
Actuellement, dix ans après, cette part dépasse les 20 %. Si les formes classiques du commerce ont donc encore de beaux jours devant elles, il est désormais assuré que la transformation en profondeur du commerce est en marche.
Les conditions de cette évolution sont pourtant anciennes. La vente par correspondance est aussi vieille que l’invention de l’imprimerie : dès la fin du XVe siècle, des imprimeurs dressaient déjà des listes d’ouvrages disponibles en les distribuant dans les foires, ouvrant ainsi la voie, deux siècles plus tard, à l’utilisation de catalogues comme outils de promotion. Mais c’est en 1870, avec le catalogue du Printemps édité en 12 langues, qu’apparaît le modèle de ce qui pendant plus d’un siècle restera le symbole du grand magasin disponible à domicile – dont les lettres de noblesse furent écrites par des industriels du textile. Touchés par la crise économique après la Première guerre mondiale, et forcés de réagir ces derniers créèrent les 3 Suisses et La Redoute. Il y eut ensuite l’essor irrésistible du commerce électronique à partir de 1979, date de l’invention du « online shopping » par le Britannique Michael Aldrich, et son envol véritable à partir de l’apparition de l’Internet au début des années 90. La puissance du réseau a véritablement ouvert la boîte de Pandore d’où ne cesse depuis de jaillir un flot continu d’innovations.
L’une des première conséquence de cette évolution a été une substitution de la VPC classique par des ventes en ligne : dès 2010, La Redoute réalisait plus de 70 % de ses ventes sur le Net en s’offrant le luxe de passer, cette même année, en tête des sites les plus visités – devant les champions historiques eBay ou Amazon – avec près de 12 millions de visiteurs uniques. Pour ces acteurs, l’e-commerce a été un réel défi mais surtout une évolution naturelle autant qu’une condition de survie et l’opportunité de renouveler leur modèle économique tout en élargissant encore leur base de clientèle.
Au-delà, ce sont tous les commerçants qui ont dû intégrer Internet comme nouveau canal de ventes et de relation directe avec leurs clients. Mais, bien sûr, la nouveauté est venue des très nombreux « pure players » qui se sont tout d’abord attaqués à quelques catégories ciblées de biens et de services. Ce sont d’ailleurs ces secteurs qui basculent aujourd’hui, leurs ventes étant désormais supérieures à celles réalisées en points de vente: livres, biens électroniques, vêtements, chaussures, produits de santé et de beauté…
En outre, une effervescence permanente vient sans cesse enrichir l’expérience des consommateurs. En exploitant toutes les facettes des relations commerciales grâce à la puissance de nouveaux outils, des sites rendent accessibles des pratiques autrefois réservées aux seuls initiés : ventes privées, cashback (fatwallet.com, Fabuleos.fr), achats groupés (Clubdeal, Groupon). Sans oublier les réseaux sociaux qui savent désormais intégrer l’e-commerce en utilisant la puissance de leur base d’utilisateurs. Des innovations viennent en plus enrichir concrètement le traditionnel site de vente en ligne : la visualisation de sa nouvelle cuisine en 3D, l’essayage d’une nouvelle robe en réalité augmentée devant un miroir, sans parler de l’ensemble des services disponibles en temps réel sur son mobile.
Finalement, les formes et les nouvelles frontières du commerce à l’heure de la révolution numérique semblent devoir évoluer sans cesse, conférant au e-commerce le pouvoir d’absorber toute activité. A tel point qu’il m’arrive de souhaiter, avec Pierre Dac, d’un jour pouvoir «travailler dans un magasin de rêve où l’on ne vendrait que des choses imaginaires».@
Jean-Dominique Séval
"Ma maison tournera-t-elle sous Windows, sous Androïd, sous Linux ou sous le dernier OS d’Apple ?"
C’est la première fois que je rends visite à mon oncle depuis que sa famille a emménagé dans l’un de ces nouveaux e-quartier, dont les luxueuses publicités envahissent nos écrans depuis quelque temps. Ma curiosité est à son comble ! Le portail d’entrée s’ouvre comme par magie à la seule vue de mon visage et au son de ma voix. Autant pour m’impressionner que pour jouer avec ses nouveaux gadgets, ma tante déclenche une véritable féerie zen : les murs et le plafond m’accueillent en s’éclairant d’une agréable lumière bleue, au son d’une de mes musiques préférées. A l’intérieur, l’écran est roi. Des écrans plats dans chaque pièce comme autant de fenêtres grandes ouvertes sur le Net. Des tablettes personnelles posées ici ou là, comme autrefois autant de livres en instance de lecture. Jusqu’aux miroirs des salles de bain qui affichent l’heure, la météo, une vidéo ou la retransmission d’un programme radio. Je ne parle même pas des systèmes de sécurité et de gestion domestique qui se sont faits oublier en oeuvrant en silence, tandis que quelques robots spécialisés prennent en charge des tâches domestiques répétitives. Mes hôtes, qui ne me font grâce d’aucun détail, tiennent à me présenter à ces personnages d’importance que sont l’aspirateur et la repasseuse.
Ce rêve technologique est devenu bien réel, même s’il ne reste accessible qu’à quelques privilégiés, tendance « bobo geek ». D’autant que s’il est un domaine dont l’évolution est lente, c’est bien celui de l’habitat soumis à maintes contraintes, au premier rang desquelles nos habitudes : une maison dans l’imaginaire collectif, c’est avant tout quatre murs, un toit et une cheminée qui fume. Longtemps, les maisons d’avant-garde sont restées un sujet de curiosité et de recherche. En 1957, une maison du futur fut construite au coeur du parc Disneyland qui proposait ainsi de visiter le foyer type des années 1980. Après avoir été démoli, elle a été reconstruite en 2008 en partenariat avec Microsoft, HP et Lifeware pour en faire une toute nouvelle attraction. Malgré ces visions futuristes, l’intelligence a mis beaucoup de temps pour passer du labo au foyer.
Les décennies passèrent sans que ne soient tenues les promesses de ce qu’il était convenu d’appeler la domotique. A tel point que durant les années 1990, nous n’osions plus utiliser ce vocable trop souvent associé à un vaste cimetière d’innovations. Pendant ce temps, s’ouvrait l’ère des automatismes domestiques. Composants, micromoteurs et capteurs ont permis le développement d’un réel marché, tout d’abord tiré par la gestion climatique et la sécurité (fermetures automatisées, vidéosurveillance). La nouveauté des années 2000 aura été le développement des premiers réseaux domestiques si souvent annoncés, et tant attendus car sans eux rien n’est possible. Avec l’aide d’une box, de WiFi et d’un peu de courant porteur, des millions de ménages ont pu faire l’expérience concrète de la mise en réseau d’ordinateurs, de téléphones et de téléviseurs.
Une nouvelle guerre économique s’ouvrait entre les fournisseurs de solutions autour de quelques questions clés. Où stocker les contenus ? Quel pilotage pour les solutions du foyer numérique ? Faut-il choisir entre la box et le téléviseur ? Finalement, le marché s’est d’abord organisé autour de solutions combinant terminaux, offres de services et contenus propriétaires, tandis que se développaient des solutions techniques permettant une meilleure interopérabilité au sein du foyer : soit par des terminaux interopérables, soit par un serveur multimédia central.
Nous avons ensuite assisté à une montée en puissance progressive de l’intégration de services et de contenus au sein du terminal. C’est récemment que le basculement vient de se produire vers des solutions en ligne et qui se résume en une formule : le "home in the cloud". Maintenant que les TICs ont envahi nos foyers, mon oncle, comme celui de Jacques Tati en son temps, trône au milieu d’un palais des Mille et une nuits de banlieue. Et je me pose avec lui cette question existentielle, presque vitale : ma maison tournera-t-elle sous Windows, sous Androïd, sous Linux ou sous le dernier OS d’Apple ?@
Jean-Dominique Séval
"Le téléviseur est demeuré l’écran central du divertissement au sein du foyer et le point d’accès unifié à tous les contenus"
Plus de dix ans se sont écoulés depuis le début de ce qu’il est convenu d’appeler la guerre des téléviseurs connectés. Décennie mouvementée durant laquelle nous sommes passés du tube cathodique passif venu du 20e siècle à l’écran plat désormais interactif par la grâce d’une toute simple connexion à l’Internet. Tout aurait pu être très simple, mais tout fut en fait très compliqué. Les technologies disponibles ont d’abord pu faire croire que la TV interactive était pour bientôt. On était alors en 2000 et on entrait seulement dans une longue phase expérimentale. Celle des pionniers qui, comme le groupe Sky au Royaume-Uni, proposèrent les premiers contenus interactifs. Le must était alors de pouvoir commander sa pizza en un clic sur une télécommande.
Mais c’est Google qui mit le feu aux poudres en 2010 en lançant, en même temps que sa Google TV, une grande manoeuvre visant à faire main basse sur les recettes publicitaires, après avoir capté la publicité sur Internet et posé ses jalons sur les mobiles. Un véritable feu d’artifice. Avec le recul, il semble bien que cette frénésie était justifiée. Nous étions arrivés au point de rupture : celui où les équilibres du passé cèdent avec fracas sous les pressions conjuguées de l’innovation technologique et de nouveaux venus tentant de faire leur place au soleil.
Les éditeurs de chaînes ont joué leur partie, en lançant dans l’urgence – et souvent dos au mur – des initiatives comme YouView au Royaume-Uni ou HbbTV à l’échelle européenne, dans le but de créer des univers TV fermé où le flux broadcast était enrichi (mais pas concurrencé) par des contenus haut débit. Des francs tireurs, nationaux comme Roku et Vudu aux Etats-Unis ou globaux comme Apple avec son boîtier connecté Apple TV, ont lancé des offres combinant un accès à des services de vidéo premium et un “best of” du divertissement multimédia en ligne (musique, réseaux sociaux, photos, etc.) via un boîtier propriétaire ou un terminal connecté tiers.
Les rois de l’équipement, comme Sony, ont encore une fois tenté leur chance avec leur media center censé gérer l’ensemble des contenus domestiques sur tous les écrans du foyer numérique. D’autres, comme Samsung, en s’associant avec des grands de l’Internet comme Yahoo !, ont voulu au plus vite mettre sur pied un « TV App Store » et reproduire le miracle des plates-formes d’applications en les adaptant au téléviseur. D’autres enfin, avec Google TV comme chef de file, sont restés fidèles à des idées simples en proposant un accès sans couture à tous les contenus accessibles. Et ce, sur un téléviseur qui demeure l’écran central du divertissement au sein du foyer et le point d’accès unifié à tous les contenus, quelle que soit leur provenance (flux broadcast, VOD, catch-up TV, Web, mobile, …).
Alors que certains avaient annoncé la fin du téléviseur, banalisé dans une mer d’écrans, ce dernier ne cessait de se transformer dans un tourbillon d’innovations, poussant à un renouvellement accéléré d’un parc en évolution constante : tour à tour plat, HD, ultra HD, 3D ou connecté. Même les télécommandes, qui n’étaient au mieux que des objets inélégants, envahissants et un peu stupides, se sont mises en tête de devenir intelligentes – en se dotant d’un clavier ou d’un écran –, tout en luttant avec les téléphones mobiles qui se voyaient bien prendre le contrôle du domicile en tant que commande universelle.
Le retour à une certaine simplicité que nous avions presque oubliée est finalement en train de se produire après la tempête numérique qui souffla sur le poste de télé. Les écrans, à force de devenir fins, seront bientôt souples et ultra légers, dotés des ressources des plus puissants ordinateurs, portables ou muraux, et le plus souvent invisibles. C’est au tour des télécommandes de disparaître, maintenant que nos écrans nous obéissent au geste et à la parole, facilitant le tri et l’accès à un univers, sans cesse en extension, d’images, de vidéos et de millions de chaînes et de programmes, enfin accessibles depuis que la barrière de la langue est tombée grâce au sous-titrage en temps réel proposé par mon service Internet préféré.@
Jean-Dominique Séval
"La carte bancaire laisse peu à peu sa place aux paiements via le terminal mobile."
Hier soir, en faisant mes courses avec mon mobile… Oh ! Pardon, peut-être vais-je un peu trop vite pour une pratique qui ne vous est pas encore familière. Mon mobile m’ait en effet devenu indispensable pour mes achats : c’est grâce à sa caméra que je visualise, par exemple, l’ensemble du rayon qui me fait face, tandis que des applications connectées à Internet identifient les produits sur les étagères, comparent leurs prix en ligne et sélectionnent pour moi les bonnes affaires. Tout cela en temps réel.
La transparence des prix, qui fut rendue possible par les premières générations de boutiques et comparateurs en ligne, vient de franchir un nouveau pas. Ces services sur mobile démontrent la puissance du m-commerce, qui existe depuis maintenant plus de dix ans : une application comme RedLaser, contrôlée par eBay, permettait déjà de lire en 2010 les codes barres des produits ; Amazon Remenbers permettait leur identification. Et Layar est une de ces applications en réalité augmentée qui ajoutent des informations aux images visionnées en temps réel par votre téléphone. Mais il a fallu attendre un peu pour que l’interconnexion de ces applications et leur adaptation à la puissance des smartphones les rendent faciles à utiliser.
Si j’essaie de me remémorer le premier magasin mobile que j’ai eu l’occasion de rencontrer, mes souvenirs me ramènent immédiatement à ce camion d’épicerie qui faisait le tour des fermes éparpillées sur le causse isolé où je passais une partie de mes vacances, klaxonnant pour signaler de son arrivée. L’ouverture du haillon transformé en comptoir, laissait entrevoir un bric-à-brac de marchandises qui m’apparaissaient comme un trésor insolite dans ce désert minéral.
La seconde image, qui me vient juste après, est celle de ces imposants catalogues encombrant nos boîtes aux lettres, envoyés par ces lointains magasins perdus aux confins septentrionaux du pays. A l’heure d’Internet, tout se passe comme si mon estafette avait chargé tous ces catalogues avant de s’engager sur ces nouvelles autoroutes de l’information pour resurgir du fond des âges sur mon téléphone mobile.
C’est un fait : à chaque fois que je me sers de ma tablette pour passer une commande, je suis saisi du même émerveillement. Mais le m-commerce est bien plus que le commerce sur Internet. La force du terminal personnel et portatif, conjugué à la puissance des applications embarquées, est à l’origine d’une véritable révolution, qui ne se limite pas à la vente sur mobile. Un commerçant dans sa boutique peut, en vous localisant précisément dans son magasin, vous proposer une offre personnalisée tenant compte de ce qui est déjà dans votre panier. En ligne ou dans nos rues, les boutiques n’en finissent pas d’innover. Mais la brique essentielle, qui a été la plus longue à poser, a été celle des moyens de paiement. L’écosystème complexe – impliquant les équipementiers, les opérateurs, les banquiers, les commerçants et les clients – a été long à mettre en place.
Souvenons-nous de la lutte sans merci qui opposa entre 2010 et 2015, Apple et son AppStore, Google et son Androïd et les grands opérateurs télécoms qui tentèrent de reprendre la main en mettant en place un système d’exploitation commun. L’un des résultats les plus spectaculaires a été l’apparition d’un nouveau moyen de paiement, rien de moins. La carte bancaire, qui pendant des décennies, fut le symbole triomphant de la dématérialisation de la monnaie, laisse peu à peu sa place aux paiements via le terminal mobile. Les chiffres donnent le vertige : de moins de 500 millions en 2010, le nombre d’utilisateurs est désormais passé à plus de 2 milliards dans le monde. Ils génèrent plus de 2 trillions de paiements : services vendus par SMS, règlements NFC, marchandises vendues sur mobile, transferts d’argent par mobile ou achats ticketing ou de contenus numériques.
Avec le m-commerce, nous entrons de plain-pied dans une ère nouvelle du capitalisme marchand. A un point tel, qu’un émule de Fernand Braudel nous manque pour analyser les effets de la diffusion des mobile stores sur cette nouvelle phase de la mondialisation des échanges, alors que nous ne savons plus nous-mêmes où se termine le centre et où commence la périphérie.@
Jean-Dominique Séval
"Alors que le lampadaire et les transports urbains firent sortir la ville de l’ombre et de ses frontières ancestrales, les écrans et les réseaux numériques ont ouvert aux citoyens et à leurs cités une nouvelle dimension."
Comme tous les matins, lorsque je prends le tram, l’attente est un peu moins longue à l’abri de ces nouvelles stations qui se sont couvertes d’écrans : écrans d’informations sur le trafic et le temps qu’il fera, écrans tactiles pour des recherches personnelles ou écrans de publicités interrogeables via mon mobile. Et si mon regard se porte au-delà, la perspective qui s’offre à moi est un troublant mélange de lieux immuables et d’images animées portées par des centaines d’écrans vidéo illuminant les édifices publics, les affiches et les boutiques. Matérialisation tangible de la ville devenue numérique, les écrans ont envahi nos rues.
Après s’être électrisées de mille feux au début du XXe siècle, nos villes se sont couvertes d’innombrables écrans, publics et personnels, véritables nouvelles lumières de nos villes. Alors que le lampadaire et les transports urbains firent sortir la ville de l’ombre et de ses frontières ancestrales, les écrans et les réseaux numériques ont ouvert aux citoyens et à leurs cités une nouvelle dimension. Loin de n’être que virtuelle, celle-ci redessine la ville, ses quartiers, son horizon même. Pour moi qui ai toujours assimilé la ville à un grand livre ouvert c’est un plaisir constant que d’entrer de plain-pied dans cette révolution digitale urbaine. Quand Haussmann ouvrait des boulevards dans un Paris encore médiéval, nos édiles enveloppent nos quartiers dans des nuages de données et d’objets interconnectés.
Pour y arriver, il aura fallu une très longue période de tests et la volonté de nombreuses villes pilotes. La première condition a bien sûr été de disposer des réseaux très haut débit, fixe et mobile, capables de supporter de nouveaux services de plus en plus gourmands en bande passante. Les grandes capitales ont parfois été aux avant-postes, mais les initiatives sont souvent venues de plus petites agglomérations – à l’instar de Pau en France, de Salerne en Italie, d’Oulu en Suède ou encore de Songdo en Corée du Sud. Il reste cependant que la question de la fracture numérique se pose encore, ainsi en 2010, seulement 40 % des communes françaises de moins de 100.000 habitants étaient équipées d’un site Web.
Tous les domaines de la vie citoyenne sont désormais concernés : le touriste se guide grâce à des applications en réalité augmentée ; l’automobiliste dispose d’informations en temps réel sur le trafic, la circulation, les places disponibles et le prix des stationnements ; le malvoyant peut compter sur son mobile et sa canne numérique pour mieux se déplacer dans son environnement. Même l’artiste s’est approprié ce nouvel espace urbain virtuel : il dessine une partie de son tag sur un mur et son complément sur une application, qui, une fois réunis sur un écran mobile, délivrent son message. Tous les citoyens disposent désormais d’outils numériques augmentant leur réalité citadine.
Les villes sont au sommet d’une montagne de données, dont elles n’ont que peu à peu pris la mesure et le contrôle (éducation, santé, travail, loisirs, transport, administration, …). Souvenons nous que les premiers à s’y être intéressés dans les années 90 sont les sociétés de cartographie comme Téléatlas ou les Mormons qui faisaient la tournée des communes pour numériser les précieuses informations dormant dans nos registres d’état civil et les registres paroissiaux. Dès 2009, une ville comme San Fransciso partageait plus de 150 bases de données, ouvertes à tous et proposant une trentaine de services sur iPhone : localiser les bus, disposer de statistiques sur la propreté des restaurants, permettre de connaître le niveau réel de délinquance de son quartier, s’informer sur le nom de ses voisins … Autant d’informations géolocalisées et associées à Google Map. Certains ont vu dans cette transparence de l’information citoyenne, l’avènement de la cité idéale.
D’autres la craignent, parfois à raison. Pendant ce temps, la ville se transforme irrémédiablement sur fond de légendes urbaines : il paraît qu’une fois par an à minuit, un internaute anonyme, connu sous le pseudo de Jack the Screener, prend le contrôle durant quelques minutes de tous les écrans de la ville de Londres ! @
Jean-Dominique Séval
"Les majors et les maisons de production les mieux structurées n’ont pas voulu laisser passer ce nouveau train, en reprenant des sites déjà existant ou en créant leur propre activité de crowdfunding."
Le croirez-vous, mais après avoir crié au loup pendant des années parce que des millions d’internautes déboulèrent, telle une horde de Huns, dans les vastes plaines de l’Internet pour piller les oeuvres et leurs auteurs, certains découvraient qu’une des voies de sortie de cette impasse était… de faire payer les internautes. Bien sûr, il n’est plus question de leur vendre de simples morceaux de musique mp3, désormais facilement accessibles librement et légalement, mais de donner accès à une part de l’univers de leur artiste préféré sous des formes très variées : certaines étant bien connues comme les concerts ou les produits dérivés, d’autres étant plus innovantes. L’une d’entre elle, qui est venue renforcer les diverses sources de revenus qui financent à présent le travail des auteurs, s’est d’abord fait connaître au début des années 2000 sous le terme de crowdfunding.
Véritable mot valise qui recouvre en fait une réalité diverse mais qui se réfère à des pratiques très anciennes, il se définit simplement comme le recueil de fonds destinés à financer un nouveau projet par l’appel au plus grand nombre seulement permit par une collecte de très nombreuses petites sommes. Apparemment, rien de nouveau : la souscription, qui fût en effet une pratique très utilisée durant tout le 19e siècle pour financer des monuments ou éditer des ouvrages d’art, correspond à une forme de démocratisation du mécénat jusqu’alors largement dominant. Il y eu bien dans les années 90 des groupes d’amateurs qui mirent leurs moyens en commun pour acheter des oeuvres à de jeunes artistes en devenir, sur le principe d’une propriété partagée et d’un accrochage tournant des tableaux chez les membres du club. Mais rien de comparable à ce qui a été rendu possible par la puissance du réseau numérique.
C’est en effet la force du Net que de donner un élan nouveau à des pratiques existantes grâce à l’accès simplifié à de multiples réseaux, à la démultiplication du message par les réseaux sociaux et à l’utilisation des outils de micro-paiement.
Parfois traduite par le terme de « colinvestissement », la pratique du crowdfunding ne semblait pas avoir de limite et paraissait pouvoir s’appliquer à tous les domaines. La musique a lancé le mouvement dès 1997, par habitude sans doute des chemins de traverse défrichés par les labels indépendants, avec une tournée aux Etats-Unis du groupe britannique Marillion financée par une levée de fond auprès des fans sur Internet. Le cinéma, a suivi en 2004, avec la production du film Demain la Veille, grâce à une souscription organisée par la jeune société de production française Guyom Corp.
Tout s’est ensuite accéléré : de nombreux sites de production de musique comme Sellaband aux Pays-Bas ou MyMajorCompany
en France ; l’édition de livres ou de bandes dessinées avec Sandawe ; le journalisme avec Spot.Us. Des sites à vocation généraliste ont aussi vu le jour comme le New-Yorkais Kickstarter ou Indiegogo.com de San Fransisco. qui aident au financement de toute sorte de projets, de la danse au théâtre, de la peinture à la photo. Les modèles économiques et les motivations de ses nouveaux modes de financement donnèrent lieu à des services mariant à des degrés divers les deux modèles initiaux.
D’un côté, un mécénat populaire apporte son écot à des projets en devenir avec, comme seule rétribution, la satisfaction d’avoir été partie prenante d’une aventure artistique mais également de recevoir en retour des gratifications de plus en plus variées : éditions et objets collector, rendez-vous avec l’auteur, invitation à un concert, …
De l’autre, l’investissement collectif répond à une logique financière, en permettant de caresser un espoir de revenus futurs, comme on mise en Bourse, mais avec un supplément d’âme. Après une période pionnière qui vit se multiplier les initiatives isolées, une professionnalisation a rendu nécessaire une organisation progressive des entreprises. Les majors et les maisons de production les mieux structurées n’ont pas voulu laisser passer ce nouveau train, en reprenant des sites déjà existant ou en créant leur propre activité de crowdfunding.
Cette année, j’ai pu participer au financement d’un reportage d’investigation d’un jeune reporteur parrainé par « Le Monde »,
au défilé d’une jeune créatrice de mode et apporter ma part au bouclage du budget de production du dernier album de Philippe Katerine que nous aidons modestement à faire son retour sur scène après une trop longue traversée du désert. @
Jean-Dominique Séval
"Si la licence globale n’est toujours pas en place, ce sont des systèmes très proches qui sont peu à peu imposés : un utilisateur peut s’abonner à une offre d’accès incluant vidéo, presse, musique et littérature."
De tout temps, les pirates ont évolué à la marge, suscitant la peur et la fascination. Ils étaient une poignée de marins ayant largué les amarres avec la légalité, et prêts à tout. Et il ne saurait en être autrement : comment imaginer une société largement pacifiée et pour laquelle cependant une grande partie des citoyens pourrait être qualifiée de pirates ? C’est pourtant ce qui se passa durant presque vingt ans, de l’apparition des échanges de fichiers de musique au format MP3 (grâce au site pionnier Napster en 1999) jusqu’à la lente et progressive mise en place de services et de catalogues légaux dans des cadres fixant les droits et devoirs de chacun. « Tous pirates ! » Cette simple injonction pointe à elle seule les failles du système.
Bien sûr, l’Internet a, depuis son origine, rimé avec partage et ouverture tout en restant rétif aux contraintes. De même que, dès les années 70, bien avant l’avènement de l’Internet, de jeunes technophiles anti-institutions inventaient le phreaking (contraction de freak, free et phone), dont le but était tout autant de téléphoner gratuitement que de faire la démonstration de leur parfaite connaissance des systèmes téléphoniques des opérateurs.
Mouvement qui se perpétue depuis, balançant sans cesse, au gré des innovations du Web, entre prouesse technique et délinquance. Les pirates véritables, ceux qui cherchent sciemment à s’enrichir rapidement aux détours des lois et rarement capturés, existaient bien avant et existent toujours.
Ce qui a changé ? Une maturité nouvelle de l’Internet, dont la nature instable reste d’actualité, mais qui a relégué une grande partie des pratiques jadis illicites au rang de curiosités historiques. Qu’il y ait dans le monde numérique, comme ailleurs, des lois et des bonnes pratiques, des droits et des devoirs, c’est bien la moindre des choses. Mais l’équilibre a été long et difficile à établir entre des forces antagonistes permettant que les droits des auteurs soient respectés et que les droits d’usage des copies privées soient préservés.
Après l’appropriation de l’accès aux contenus par les internautes et les fournisseurs d’accès, les diffuseurs et les ayants droits ont eu l’écoute des régulateurs qui, au tournant de l’année 2010, ont été nombreux à mettre en place un corpus de règles allant de l’avertissement au délit pénal. La Nouvelle-Zélande a légiféré dès 2008, suivie par l’Irlande, la Suède et Taiwan au début 2009, puis par la Corée du Sud, La France, le Royaume-Uni, la Belgique et bien d’autres.
Le principal atout de ces nouvelles lois « Hadopi » a sans doute été de susciter des débats souvent très animés. Pour le reste, nous avons assisté à une course sans fin entre des organismes officiels toujours en retard et des internautes jamais à court de solutions de contournement. Ceux-ci se sont d’abord détournés des sites de partage peer-to-peer, comme bitTorrent ou eDonkey qui furent les premiers visés par ces nouvelles lois, pour plébisciter les sites de streaming en temps réel, faisant ainsi le succès planétaire d’un obscur site hongkongais, Megavideo.
Pour les geeks, des plates-formes spécifiques se mirent en place comme Usenet ou Demonoid, tandis que les adeptes des pratiques underground utilisaient des sites comme Pando ou Waste, un micro réseau où les échanges sont totalement sécurisés et invisibles hors réseau. Nous avions, d’un côté, une majorité d’utilisateurs recherchant des solutions simples comme le streaming et, de l’autre, une minorité d’internautes avancés toujours à l’affût de solutions permettant de dissimuler leur adresse IP (VPN, proxys…) et de préserver leur anonymat.
Nous étions de plus en plus nombreux à penser qu’il y avait urgence à disposer d’un cadre économique clarifié et apaisé.
Si la licence globale, qui est la traduction ultime de ce besoin de transparence, n’est toujours pas en place, ce sont des systèmes très proches qui se sont peu à peu imposés. Un utilisateur peut désormais s’abonner à une offre d’accès incluant pour un montant fixe et accessible un ensemble de services étendu, très riche intégrant la vidéo, la presse, la musique et la littérature. En toute légalité ! @
Jean-Dominique Séval
"Ce n’est plus la chronologie qui structure le paysage audiovisuel mais les modes de réception. Quand un film sort, il doit être disponible partout, très vite, afin de bénéficier d’une visibilité maximale sur tous les écrans"
Enfant, il fut un temps où nous avions à composer avec une certaine forme de rareté, qui, si elle était à l’origine d’une sourde frustration, aiguisait en même temps notre désir et nourrissait nos rêves. Le dernier Disney n’était alors visible qu’à Noël au cinéma et, le reste de l’année, par de courts extraits sur nos écrans de télévision. Il nous fallut attendre l’âge adulte pour voir et revoir enfin ces films, qui perdirent en même temps une part de leur mystère. Il fallait également qu’une nouvelle économie des droits de diffusion télé puis vidéo crée une chaîne d’exploitation cohérente et très rentable.
C’est en effet avec la télévision que l’idée d’une chronologie des médias s’est peu à peu mise en place. Avec l’équipement massif des ménages en postes de télé durant les années 60 et la baisse concomitante et régulière de la fréquentation des salles, les chaînes ont accepté l’usage d’un long délai après la sortie des films en salle. En France, une période de 5 ans a longtemps prévalu, tant que l’audiovisuel était public et que le nombre de chaînes restait excessivement limité. C’est l’arrivée de la vidéo à domicile qui a finalement imposé l’intervention du législateur au début des années 80. En 2005, il fallait attendre 6 mois entre l’exploitation en salle et la sortie des DVD, 33 semaines pour la diffusion en VoD, 9 mois pour la TV en pay-per-view, 12 mois pour la TV cryptée par abonnement et au-delà de 24 mois pour les chaînes non cryptées gratuites. Ce bel ordonnancement à la française, organisé par la loi et codifié au niveau de l’Union européenne à la fin des années 1980, avait sa correspondance libérale aux Etats-Unis où les fenêtres de diffusion se réglaient par contrat, film par film, entre les différents intéressés.
Quelles que soient les modalités retenues, le système a du rapidement s’adapter, au tournant de 2010, à la nouvelle donne imposée par la révolution numérique. Désormais, la chronologie des médias était directement négociée par les instances professionnelles, sans recours au législateur. La première concession, après d’âpres débats, fut d’assouplir le nouveau calendrier en le raccourcissant de 2 mois et en le simplifiant, notamment en alignant celui de la VoD aux DVD.
A peine mise en place, cette évolution était cependant déjà dépassée : une part croissante de la population avait fait l’expérience d’une consommation de vidéos et de programmes quasiment en continu et libérée du temps, prémice d’une véritable achronie des médias. Comme pour la musique en son temps, les utilisateurs ont rapidement adapté leurs pratiques aux possibilités offertes par les nouveaux modes de diffusion sur les multiples écrans. Ils ont également devancé les offres légales qui ont tardé à se mettre en place.
Avec le site Megavideo, la vidéo eut, à l’instar de Napster pour la musique, son service illégal plébiscité par les internautes pour sa facilité d’utilisation, la richesse de son catalogue et sa gratuité… Même les créateurs ont contribué à cette évolution en multipliant les expériences visant à faire exploser l’antique chronologie : en 2010, Jean-Luc Godard transgressa la loi en rendant son long métrage « Film Socialisme » disponible en VOD, le jour même de sa programmation à Cannes, et 2 jours avant sa sortie en salle.
A force de se contracter, la chronologie n’exista plus et en tout cas ne fut absolument plus perceptible par le commun des utilisateurs. Ce n’est plus la chronologie qui structure le paysage audiovisuel mais les modes de réception. Quand un film sort, il doit être disponible partout, très vite, afin de bénéficier d’une visibilité maximale sur tous les écrans, de la salle la plus sophistiquée au terminal de poche le plus simple.
Quand une série est programmée, la chaîne qui en détient les droits doit pouvoir l’exploiter de la première diffusion à la catch-up TV, en passant par les produits dérivés. Les maîtres mots sont désormais : exclusivité, événement et marque forte. Malgré tout, le temps n’a pas été aboli, et les distributeurs ont dû apprendre à gérer, rentabiliser et rendre accessible leur catalogue en affinant les principes de gestion de ce que Chris Anderson popularisa en 2004 sous le terme poétique de " longue traîne ".@
Jean-Dominique Séval